CLOCLOVE

Avant de devenir un ignoble goret braillard au débuts des 70’s, Claude François c’était un adorable chaton blondinet tout sautillant. Belles belles belles commeu l’amouur.

✠ LCF ✠


THE CREMASTER CYCLE

En 2012, on va enfin vous donner le choix. Ecouter les dégénérescences musicales de LCF (et personne ne vous blâmera pour ça) OU tenter de paraître malin et cultivé lors de vos dîners mondains où parler des présidentielles sera devenu obsolète, en lisant mes posts. 

Et donc, plus intéressant que le lynchage de Nadine Morano sur Twitter ou le nouveau look de François Hollande, je vous propose aujourd’hui le cycle Cremaster de Matthew Barney. Pour situer un peu, Matthew Barney est un artiste américain né en 1967 qui se considère davantage comme un sculpteur que comme un cinéaste et accessoirement marié à la chanteuse Björk. De 1994 à 2002, il se plonge dans la réalisation du cycle Cremaster, une série de cinq films oniriques tournés dans le désordre et traitant métaphoriquement de la différenciation sexuelle de l’être humain. Le titre “Cremaster” étant en référence directe au muscle crémaster, visible uniquement chez l’homme car atrophiée chez la femme, et qui recouvre les testicules pour les protéger des changements de température. Autant dire, l’ultime symbole de la détermination sexuelle.

L’oeuvre intégrale dure un peu plus de 7h et beaucoup d’étudiants en art vous diront que c’est une expérience fascinante mais également très éprouvante si on ne se penche pas un peu sur le sujet au préalable car, comme vous allez le voir, les moindres détails et références sont travaillés avec un soin infini, toujours avec le leitmotiv de la métamorphose, de la transformation et l’hybridation.



CREMASTER #1

Le Cremaster # 1 est de loin le film le plus autobiographique de Matthew Barney, tourné à Boise, Idaho, là où il a grandi. L’action se déroule sur la pelouse bleue synthétique du stade Bronco, dans deux dirigeables Goodyear en lévitation et se veut être une revue musicale, inspirée de l’oeuvre de Busby Berkeley. Métaphoriquement, ce premier épisode représente l’état d’indifférenciation sexuelle par l’ascension des dirigeables et donc du muscle cremaster. Une femme blonde, Marti Domination, célèbre drag new-yorkais, apparaît successivement dans chacun des dirigeables et sur le stade où évoluent des danseuses. En disposant des grains de raisin d’après des dessins, elle intervient sur la chorégraphie des danseuses, qui exécutent des figures évoquant les organes sexuels féminins (ovaire, trompe utérine…). Son rôle consiste également à empêcher à la descente des dirigeables et à maintenir le plus longtemps possible l’équilibre parfait qui, métaphoriquement, précède la différenciation ovarienne et testiculaire.  

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CREMASTER #2

Deux histoires, apparemment indépendantes, se déroulent dans deux lieux et époques différentes. La première s’inspire du roman de Norman Mailer, Le Chant du Bourreau, qui évoque la condamnation à mort dans les années 70 d’un mormon, Gary Gilmore, accusé de meurtre dans l’Utah. La deuxième se réfère à la vie du magicien hongrois Harry Houdini, rendu célèbre par ses numéros de métamorphose, et se déroule à Chicago en 1893 sur le glacier Columbia au Canada. Le lien entre ces deux histoires est, selon Mailer, d’ordre généalogique : Houdini serait le grand-père de Gary Gilmore. Le film est scandé par deux thèmes : d’une part l’organisation sociale et le système de reproduction des abeilles, la ruche étant le symbole de l’Utah mais aussi des mormons. D’autre part, la foi et la philosophie mormonne, selon laquelle un péché ne saurait être lavé qu’avec le sang du pécheur. Le film s’ouvre sur la conception de Gary Gilmore. Présidée par sa grand-mère - la "reine des abeilles" - l’union sexuelle entre ses parents donne naissance à Gary qui, comme l’abeille piqueuse, est condamné à mourir tragiquement. Pour échapper à son destin, il doit se transformer en femme, par l’entremise d’Houdini. 

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CREMASTER #3

La volonté et le pouvoir sont au centre du Cremaster #3, le volet le plus complet de la série. L’action se déroule cette fois à New York au sein du Chrysler Building, siège du géant de l’automobile. Sa construction en 1929 a été perturbée par un conflit entre maçons et métallurgistes. Ce conflit, ainsi que la démesure de l’immeuble, ont amené Matthew Barney à superposer l’architecture du Chrysler Building et la hiérarchie maçonnique (apprenti, compagnon, maître). Cremaster #3 s’ouvre et se clôt sur une légende celte où deux géants s’affrontent avant que l’un d’eux ne recourt à la ruse. Cette tactique est aussi employée par l’apprenti franc-maçon (joué par Matthew Barney) contre son maître et concurrent (le sculpteur Richard Serra). La narration débute avec la résurrection de Gary Gilmore en femme sous les fondations du Chrysler Building. Le cadavre est monté jusqu’au rez-de-chaussée et déposé sur la banquette d’une Chrysler, cernée par cinq voitures qui l’écrasent progressivement. Parallèlement, l’apprenti remplit l’ascenseur avec du ciment, produisant par la triche le cube parfait, l’ashlar, épreuve du rite maçonnique supposée être réalisée entièrement par le compagnon. Sa punition pour insolence survient ensuite. Des gangsters enfoncent dans sa bouche un mors constitué de truelles décorées de symboles maçonniques. Cette étape signifie non seulement la punition mais également l’avancement dans la hiérarchie, car l’architecte lui greffe à la place des dents cassées un dentier fabriqué à partir des restes de la Chrysler. Un intermède nous amène dans le musée Guggenheim où, dans un jeu situé sur les cinq étages du bâtiment qui renvoie aux allégories des cinq Cremaster, s’affrontent les protagonistes du film. A chaque niveau, l’apprenti accomplit des épreuves. Sa réussite le hisse au faîte du Chrysler au niveau de son maître, l’architecte, qu’il tue avant de mourir à son tour.  

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CREMASTER #4 

La compétition est le thème qui rythme le Cremaster #4. Le film se déroule sur l’île de Man, dont la création légendaire par un géant irlandais est évoquée à la fin du chapitre #3. L’île est connue pour sa course annuelle de motos et par son espèce de moutons (le Loughton Ram, doté de deux paires de cornes). Cremaster #4 se déroule en deux actions superposées : une course de side-cars entre deux équipes qui font le tour de l’île, chacune dans un sens, et la traversée de l’île par le candidat Loughton (Barney). Selon le schéma biologique de Barney du développement des organes sexuels, l’équipe des motos jaunes signifie l’ascension, et l’équipe bleue la descente. Elles décrivent ainsi un champ qui est celui de l’indifférenciation, que le candidat s’apprête, lui, à expérimenter sous terre. Vêtu d’un costume blanc et portant dans sa chevelure rouge, tel un satyre, quatre naissances de cornes, il est candidat pour devenir Loughton Ram. Ses quatre cornes représentent l’équilibre parfait entre ascension et descente. La tentative du candidat de provoquer la fusion des oppositions (jaune et bleu) dans un champ unique où règne l’indifférenciation (vert) s’avère impossible. La phase déterminante de la différenciation est ainsi repoussée au chapitre suivant. 

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CREMASTER #5

L’action se situe à Budapest, ville d’origine de Harry Houdini, dans trois lieux symboliques du XIXème siècle : l’opéra, le pont Lanchid et les bains Gellert. Construite comme une tragédie grecque et mise en scène comme un opéra, l’histoire s’articule autour d’un livret chanté en hongrois par la reine des chaînes (Ursula Andress). Elle déclenche l’apparition de sa diva, son magicien et son géant (joués par Barney). Vêtue de noir, elle est installée dans sa loge pour assister seule à la performance de sa diva qui s’écrase au sol. Parallèlement, elle se lamente sur le sort tragique de son amant. En effet, à l’instar de Houdini, son magicien se jette du pont dans le Danube, pieds et mains liés. Mais lui ne remontera jamais. Dans la séquence finale, tournés dans les bains de Gellert, la différenciation sexuelle penche en faveur du masculin, concluant le cycle. C’est un groupe de nymphes androgynes, batifolant dans les bains, qui provoquent chez le géant la descente définitive de ses testicules.

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CONCLUSION

Il est évidemment impossible de retranscrire 7h de film dans un seul post de 500px de large. Mais rien ne vous empêche de pousser l’analyse et/ou la découverte. D’une, c’est une mine d’inspiration incroyable et de deux, ça vous permettra de faire le fou en société et par les temps qu’on vit, croyez-moi, ce n’est pas négligeable.

Bon, et maintenant qu’on a donné dans notre quota de culture pour au moins 67 ans, c’est avec plaisir non dissimulé que je reviendrai bientôt vous parler de choses putassières, ordurières, grasses, misogynes voire eugénistes. 

✜ EVE ✜


La malédiction de la platine vinyle continue. Après l’habituel flot de réparateurs/malfrats/connards, j’ai décidé de m’occuper moi-même l’appareil qui s’est évidemment remis à fonctionner correctement. Je l’essaye donc, et voilà ce qui en sort. Le diable quoi.

✠ LCF ✠


FOSSOYEUR

Je suis le super globule blanc musical de ce blog, je fournis les anticorps puis j’absorbe les déviances sidaïques de ma camarade EVE qui fréquente un peu trop le serpent en ce moment.

✠ LCF ✠


LUMIERE CLAIRE, LUMIERE SOMBRE

La Croix de Salem se veut parfois être un bestiaire des apparitions de Satan dans la vie quotidienne. Ne pas partager le meilleur single de Mary L, fleuron de la pop belge, serait donc une grave erreur professionnelle. 

Je vous laisse donc avec cet éloge de la beauté et de l’élégance et vais aller me mettre la tête dans le four.

✜ EVE ✜


MAUVAIS SANG

La froideur de l’hiver a gagné les synapses chargées de la programmation musicale dans mon cerveau. Et voilà leur mix.

✠ LCF ✠


LEATHERFACE

Hier, il m’a été donné de voir la pire chose de toute ma vie, ex aequo avec un accouchement humain, dont LCF vous parlera peut-être dans un de ses jours de sadisme : je traversais la rue Réaumur quand le sosie de CECI s’est arrêté devant moi et m’a attrapé l’épaule. 

J’ai fermé les yeux et pensé très fort à ma maman.

✜ EVE ✜


LE VAISSEAU M’A RAMENE

En plus d’être drôles et spirituels, on existe même en vrai.